Préjugés et choc culturel

Selon le pays où vous souhaitez partir, le « choc culturel » est inévitable, surtout si vous n’avez pas beaucoup l’habitude de voyager. Aller à la rencontre d’autres cultures, c’est prendre le risque de voir tout un système de valeurs, les vôtres, considérées comme « normales », s’en trouver bouleversé.

Vus de l’Occident, les pays en voie de développement semblent donner l’impression qu’ils ont besoin de nous. Cette vision réductrice, largement relayée par les médias, et parfois même par notre éducation, ne reflète pas la réalité la plupart du temps. Avant toute chose, il convient d’accepter que votre présence sur place ne soit pas forcément nécessaire. Détaché de cette « pression », vous serez sans doute plus à même d’appréhender les populations locales en toute objectivité et de leur amener une aide concrète et ciblée. Pour ce faire, vous documenter en amont sur le contexte économique, social et politique du pays visité est important : cela vous permettra de comprendre les mécanismes qui ont pu amener le pays dans les difficultés qu’il rencontre, en vous débarrassant des idées préconçues. Et en évitant aussi les stéréotypes vous conduisant à comparer vos habitudes et vos coutumes à celles des populations sur place. Une tendance naturelle mais qui peut contribuer à accentuer les différences culturelles. Tout cela fait partie de votre bagage culturel, qu’il sera bon d’alléger au fur et à mesure de l’avancée de votre mission.

Partir en tant que volontaire requiert une certaine faculté d’adaptation. Au contact d’autres populations, il vous faudra adapter vos comportements et dépasser ce choc culturel. Il est communément admis que celui-ci se déroule en cinq étapes principales, notamment pour les longs séjours.

Les premiers temps, le volontaire est euphorique face à toutes les nouveautés qu’il découvre. Et la nouveauté engendre souvent l’excitation et l’idéalisation : tout a l’air intéressant voire fascinant !

Transitoire, cette étape se produit dans les deux premiers mois du séjour. Rattrapé par la réalité, le volontaire tente de s’adapter, non sans effort. Il est courant de ressentir alors du mécontentement, de l’irritation voire de la colère qui peuvent mener au découragement. C’est là qu’il faut tenir bon car cette période, bien que nécessaire, n’est que provisoire.

Après plusieurs mois, le volontaire retrouve l’envie et le plaisir d’être là. Cela va de pair avec la meilleure connaissance et compréhension de l’environnement dans lequel il évolue.

Plus vous évoluez dans ce nouvel environnement, plus vous serez capable de faire la part des choses entre le négatif et le positif, ce qui vous aidera à déterminer clairement vos objectifs et vous procurera beaucoup de satisfaction, tant au niveau personnel que professionnel.

Cela se passe à votre retour : il n’est pas exclu que vous vous sentiez décalé, déphasé, en retrouvant votre environnement naturel, voire incompris par vos proches. C’est le temps nécessaire pour vous réintégrer et retrouver vos habitudes, enrichies par les expériences que vous aurez vécues en mission. Un travail d’introspection vous permettra de « digérer » cette aventure et d’analyser les bénéfices personnels que vous aurez pu en retirer : une meilleure connaissance de vous-même, une autre façon de penser, de nouvelles facettes de votre personnalité, vos forces, votre capacité à vous investir, vos faiblesses…

Le choc culturel peut être de plus ou moins forte intensité, vécu comme quelque chose de négatif ou, à l’inverse, comme une expérience positive. Afin de vous y préparer au mieux, il sera très utile de vous documenter sur les us et coutumes du pays qui vous accueille, ainsi que sur les pratiques courantes et les comportements adéquats. Cela vous permettra d’éviter des malaises ou des incompréhensions. Apprendre quelques mots, expressions ou formules de la langue locale vous y aidera d’autant plus.

En toutes circonstances, vous devez demeurer attentif et à l’écoute de ce qui se dit ou se passe autour de vous. En cas de doute, n’hésitez pas à demander de l’aide, à poser des questions, même si elles vous paraissent naïves ; c’est un pas de plus vers une meilleure compréhension mutuelle. Gardez l’esprit ouvert, acceptez les changements, abstenez-vous de critiquer à tout va et fixez-vous des objectifs réalistes : c’est la meilleure façon de ne pas vivre le choc culturel comme un échec mais plutôt comme l’opportunité de découvrir l’autre, en le rencontrant vraiment.

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