Alain Gachet, le sourcier des temps modernes

alain gachet

« L’homme qui fait jaillir l’eau du désert », ce titre n’est pas celui d’un film de science fiction, mais celui du nouveau livre d’Alain Gachet, ingénieur des mines. Il a remplacé les baguettes de sourcier par une invention révolutionnaire permettant de détecter les nappes phréatiques à plus de 600 mètres de profondeur.

Le téléphone, le nylon ou la photographie toutes ces inventions qui nous sont aujourd’hui indispensables ont été créées par accident. Il en est de même pour l’innovation d’Alain Gachet. A croire que la sérendipité est commune aux grandes trouvailles.

C’est en travaillant pour le groupe Elf, dans la recherche de gisement de pétrole que l’ingénieur, natif de Madagascar, a mis au point un système pour trouver de l’eau en profondeur. Après des désaccords idéologiques avec le groupe pétrolier le géologue décide de démissionner et de créer son entreprise Radar Technologie France. Désormais, il a cessé sa traque de l’or noir pour celle de l’or blanc.

Il utilise un système complexe de superposition de données émis par satellite, comme les images en 3D de la topographie terrestre, des images radars montrant la morphologie des bassins versant et des fractures rocheuses où s’infiltre l’eau. A cela, il couple son invention appelée Watex, pour Water exploration, un traitement d’image qui lui permet « de distinguer sans ambigüité les zones d’humidité souterraine ». Grâce à cette technologie, il trouve des réserves de milliard de mètres cubes d’eau renouvelable. Avec son invention les taux de succès lors des forages sont de quasi 100%.

Mais Alain n’est pas qu’une matière grise, c’est avant tout un homme de terrain.

Un explorateur au grand cœur

 « Il faut aller sur le terrain casser des cailloux. Notre seul Dieu c’est le forage » ironise l’ingénieur. Alain Gachet n’a pas peur de se rendre dans les endroits les plus reculés et dangereux de la planète pour trouver de l’eau. Même s’il ne se définit pas comme un aventurier, il l’est. Coincé dans un piège à antilope, menacé par une kalachnikov au Congo en pleine guerre civile… il ne préfère pas compter les fois où il a risqué sa vie : « J’essaye d’éviter ces accidents mais parfois ils sont incontournables ». S’il affronte tous ces risques c’est pour une chose : voir l’eau jaillir du désert et sauver des peuples assoiffés.

En 2004, il s’est rendu au Darfour, missionné par le Haut Commissariat aux réfugiés de Nations Unis. Grâce à lui 250 000 de personnes exilées ont pu avoir accès à de l’eau. Trois cent cinquante puits ont été forés.

C’est la gorge serrée et le regard embué qu’il parle de l’émotion procurée lors de la sortie de l’eau de terre.

Pourtant il n’a pas toujours été remercié à juste titre. En 2007, il a été traité « d’homme dangereux » car selon lui « il est dangereux de trouver de l’eau dans les zones de guerre. Une découverte ça dérange » déclarait-il récemment sur la station d’Europe 1.

 Mais son combat ne s’arrête pas, Alain Gachet n’est pas du genre à craindre les menaces. Avec son chapeau d’Indiana Jones et sa machette, il continu d’abreuver la planète entière. C’est pourquoi nous lui disons merci.

par Philippine Hattemberg

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